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“Passer un cran au-dessus” rencontre avec Aleska

En 2013, je tombais sur un premier EP 3 titres de Aleska, sorti quelques mois plus tôt. Un premier disque, qui fut une de mes toutes premières chroniques (j’assume, c’est à lire ICI) et qui, comme d’autres, a bien vieilli mais témoigne des origines et de l’évolution du groupe messin et de leur univers de contrastes ; puissant, planant, bruyant.
7 ans plus tard pour ma dernière interview sur Noyzin.fr ,  j’ai le plaisir de retrouver les membres de Aleska, de parler de ce temps qui passe, d’un nouvel album “Construire ou détruire” actuellement en financement participatif et de revenir sur les bons et moins bons souvenirs du groupe. 



Vous êtes en plein financement de votre nouveau LP Construire ou détruire via Ulule. Pour ceux qui vous suivent déjà depuis un moment, quelle évolution on peut attendre depuis votre premier LP éponyme sorti en 2016 ? Vous évoquez vous-même une évolution au niveau de la qualité de production, qui, d’après vos propres mots pouvait décevoir sur le précédent opus.

  • Adri : C’est un disque plus travaillé et plus efficace, je pense qu’on a cherché à être plus directs et plus concis dans sa composition.
  • Nico : Le premier LP partait un peu plus dans tous les sens et pouvait sembler un peu moins cohérent par rapport à celui qui arrive. Nous avons reçu un très bon accueil concernant ce premier disque, mais il est vrai que la qualité de la production était souvent pointée du doigt. Nous avons donc décidé de nous concentrer davantage sur cette partie et de faire le maximum nous-même pour être sûrs d’obtenir ce que nous avions en tête et ce qui nous correspondait réellement.
  • Vince : On a préféré porter une attention particulière à la production pour avoir un résultat plus satisfaisant. Non pas que le précédent album était mal produit mais on savait qu’on pouvait faire mieux et passer un cran au-dessus.

Comment naît un disque comme Construire ou détruire ? Vous pouvez nous parler de votre processus de création ? Combien de temps ça demande de donner vie à un disque comme celui-ci ?

  • Mike : C’est le fruit de beaucoup de packs de bière ! Plus sérieusement, cet album a été plus spontané dans sa création car les morceaux sont souvent partis d’improvisations en répète. Malgré tout on a pris notre temps pour être sûrs des titres qu’on voulait intégrer à l’album et s’assurer d’avoir un disque cohérent. En gros, si on prend le moment où on a commencé à composer pour cet album, et sa date de sortie fin mars, on peut dire que ça nous a pris 3 ans pour que le projet aboutisse.

Quels retours avez-vous pour l’instant avec le premier extrait Un éternel recommencement ?

  • Nico : Après toute cette préparation, on avait hâte de lancer le projet et j’ai été très agréablement surpris de tous les retours positifs et de tous les soutiens que nous avons reçus notamment au niveau des précommandes.
  • Adri : Tous nos potes de galère musicale Screamo nous on fait des bons retours. Au passage, on voulait remercier aussi nos amis de No Vale Nada, Abre Los Ojos, Quietus, Khöbalt, Peace Me Off, Afar, qui nous suivent et nous soutiennent depuis longtemps.
  • Vince : Nous avons eu des retours très positifs autant sur la musique que sur la production. Il faut féliciter Nico qui s’est occupé de la prise de son et du mixage, et Magnus Lindberg (de Cult of Luna) qui s’est chargé du mastering. Ils ont tous les deux fait un super travail sur cet album.

Vous gardez entre votre LP éponyme de 2016 et Construire ou détruire une même direction artistique avec l’artwork. Est-ce que c’est une façon de nous faire comprendre que ce nouveau LP est une suite directe de celui de 2016 ? Comment s’est passé le choix de ces artworks avec Alexandre Goulet qui a réalisé ces deux pochettes ?

  • Mike : On était très satisfaits de notre collaboration avec Alex sur le premier album. Son travail a été d’ailleurs toujours remarqué dans toutes les chroniques que nous avons eues sur celui-ci.
  • Nico : Personnellement, je ne voyais pas quelqu’un d’autre pour travailler sur ce 2è album. Déjà pour le premier, la manière de procéder a été la même : on lui a envoyé l’album avec quelques indications mais en lui laissant le plus de liberté possible. J’aime particulièrement le fait de laisser le champ libre à un artiste surtout quand on voit le résultat qu’il nous envoie et qui met toujours tout le monde d’accord. Pour celui-ci, on lui a simplement dit : « on veut la suite du premier, écoute l’album et laisse libre court à ton imagination ».
  • Adri : On est vraiment fans à la base de tout le travail produit par Alex. En sachant qu’il travaille plus généralement pour la scène hardcore mais qu’il a toujours su produire des visuels en rapport avec notre univers. Je pense qu’on a perçu une continuité entre les 2 albums au moment où on a reçu les nouveaux visuels. D’ailleurs, c’est aussi grâce à ça qu’on a trouvé un titre à cet album.
  • Vince : Tout est dit !

Vous avez lancé votre groupe à l’époque ou le Screamo était assez présent sur la scène française avec des groupes comme Daïtro, Amanda Woodward, Sed Non Satiata et j’en passe. Est-ce que cette scène vous influence toujours autant ? Et finalement…je suis peut-être plus à la page mais, le Screamo, en 2019, ça tourne toujours ?

  • Vince : A la formation du groupe, la vague Screamo était déjà passée depuis un moment et nos belles expériences avec notamment Daïtro et Amanda Woodward étaient loin derrière nous. Malgré ça, c’est un style musical qui a toujours fait partie de nous et il nous a toujours tenu à cœur de le faire vivre dans la scène actuelle.
  • Mike : Vince et moi (les papis du groupe) avons connu « l’âge d’or » du Screamo avec nos précédents groupes Shall Not Kill et Dead For A Minute. Au moment de la création d’Aleska, on ne s’est pas posé la question de savoir si la musique qu’on faisait était à la mode ou non, était du Screamo ou non. On voulait simplement faire la musique qui nous plaisait et qui nous réunissait.
  • Adri : Il est clair que « l’âge d’or » du Screamo est passé, ou du moins il est soit incompris, soit complètement cadenassé. Nous qui connaissons les grands groupes de la scène de l’époque, on a de plus en plus de mal à s’y faire une place puisqu’on ne correspond ni aux critères de la scène « underground », ni à ceux qui ne connaitraient pas le style et qui viendraient de genres musicaux extérieurs. Dans tous les cas, le genre en lui-même est moins populaire et les groupes de l’époque n’existent plus, ce qui n’enlève rien au fait que l’on doit beaucoup à cette scène.
  • Nico : Pour ma part, je dirais que c’est la scène Screamo qui m’a le plus inspiré pour Aleska. Je pense qu’il a aujourd’hui laissé la place au Post-Hardcore et à ses nombreux dérivés mais je ne retrouverai jamais dans un autre style la même émotion que je peux ressentir en écoutant du Screamo. Quand tu en as écouté, la scène ou les groupes peuvent freiner ou s’arrêter mais ce style ne pourra jamais mourir dans tes trippes.

Entre la création du groupe en 2011, les dates et les multiples sorties (2 EP / 1 Split / 1 LP) vous devez avoir un sacré paquet de souvenirs en tête. Quel a été le moment le plus compliqué de la vie du groupe ? Et votre souvenir le plus mémorable ?

  • Adri : Mon pire souvenir c’est quand le fils de Mike m’a refilé sa varicelle juste avant un concert. En gros, ça a été le parcours du combattant et en plus on m’a piqué du matériel ! Mon meilleur souvenir, ça restera le moment où j’ai eu notre premier album entre les mains. Le fait d’avoir enfin l’aboutissement de tout le travail réalisé, c’est toujours un moment énorme.
  • Mike : Mon plus mauvais souvenir : un concert mémorable à Reims devant approximativement 2 personnes ! Beaucoup de route, et de l’énergie dépensée pour rien. En dehors de ça, je n’ai que des bons souvenirs avec un petit plus pour la tournée franco-suisse avec les copains d’Abre Los Ojos.
  • Nico : Pour moi, le plus mauvais souvenir restera un concert en été près du Luxembourg à un rassemblement de fans de coccinelles volkswagen (non ce n’est pas une blague, ni un cauchemar, on l’a vraiment fait) où nous avons joué sous une sorte de tente en haut d’une colline avec une belle vue sur des gens qui ne savaient pas plus que nous ce qu’on faisait là ! Mais bon, il y avait un feu, de la bouffe et de la bière. Mon meilleur souvenir à ce jour reste les 2 éditions du festival TAPRISCHER où nous avons toujours été accueillis comme des rois et nous avons pu y faire plein de belles rencontres.
  • Vince : Ma plus mauvaise expérience a été au moment de l’enregistrement du premier album. On avait enregistré dans un premier temps dans un studio où les prises de son et le mix ne nous convenaient pas. On s’est donc retrouvé complètement à sec, avec beaucoup de temps et d’énergie investis pour au final repartir de zero. Le moment le plus mémorable reste la petite tournée franco-suisse avec les copains D’Abre Los Ojos, ses séances interminables de baby-foot, et ses nombreuses rencontres malveillantes d’animaux en peluche. Au passage, big-up à Batavia et à Pirouette

Si je devais vous demander quel est l’album qui vous a le plus marqué dans votre vie de musicien, la réponse la plus spontanée, ça serait quoi ?

  • Adri : Glassjaw – Everything you wanted to know about silence
  • Mike : Refused – The shape of punk to come
  • Nico : Envy – All the footprints you’ve ever left and the fear expecting ahead
  • Vince : Keelhaul – Subject to change without notice

Et question pute, c’est quoi le dernier morceau que vous avez écouté ou entendu avant l’interview ?

  • Adri : Tiny moving parts – For the sake of brevity
  • Mike : Biffy Clyro – Victory over the sun
  • Nico : Saosin – The silver string
  • Vince : Dream Theater – Home

On peut vous souhaitez quoi pour la suite de l’aventure ? C’est quoi votre objectif ultime avec Aleska ?

  • Adri : Rester potes et continuer à faire ce qu’on aime le plus longtemps possible. Tout le reste c’est que du bonus !
  • Mike : Pour le moment, que notre projet Ulule se concrétise et que l’on puisse sortir ce nouvel album sur de beaux vinyles.
  • Nico : A court terme, comme a dit Mike, concrétiser la campagne de financement participatif pour presser les vinyles. Pour l’avenir, sortir un max de nouveaux titres et pousser le concept toujours plus loin. Pouvoir toujours proposer des projets qui nous correspondent et surtout les réaliser du mieux qu’on pourra.
  • Vince : Faire ce qu’on aime et tripper à fond !

Un grand merci au groupe Aleska pour leur temps et leur bonne humeur, suivez-les sur ; Facebook / Bandcamp 
Le nouvel album de Aleska, “Construire ou détruire” est toujours en financement participatif via Ulule,
tu peux cliquer ICI pour le précommander et aider au pressage du vinyle !

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