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Strasbourg et ses bars-concerts

Quand on aime ou qu’on fait de la musique à Strasbourg, on peut être nostalgique du Zanzibar ou du Jimmy’s Pub. Pendant un temps, ces deux bars-concerts proposaient une scène alternative aux curieux et amateurs de découvertes musicales. Je me souviens encore d’une énorme soirée Ska au Zamzibar et je garde du Jimmy’s et de son petit caveau des souvenirs de soirées hardcore et metal mémorables.
C’est désormais à la Popartiserie et au Mudd Club de devenir des noms chargés de nostalgie.

La fin du Mudd et de la Popartiserie

Les souvenirs qu’on garde la Popartiserie, c’est surtout Phil ou Erwan à l’accueil ou au bar, souvent tous deux de bonne humeur. C’est aussi des soirées concerts dans une salle pleine de charme et souvent pleine à craquer. Ce qu’on oublie parfois un peu, c’est que le lieu se voulait avant tout une galerie d’art. Après quelques années de bons et loyaux service, l’aventure c’est donc arrêté brusquement pour la Popartiserie. Manque de moyens, manque de ventes d’oeuvres d’art, conflit perpétuel avec l’hôtel voisin au sujet des nuisances sonores (malgré une fermeture à 22h) auront eu raison de ce lieu devenu emblématique pour ses soirées jazz-classy et ses concerts folk intimistes.

Après des mois de rumeur, c’est au Mudd Club d’annoncer cette semaine la fin de son aventure. Depuis 2011, le Mudd aura été le bar-concert le plus emblématique de Strasbourg en accueillant des artistes du monde entier dans un caveau aux murs transpirants. Le lieu aura été également une plate-forme de lancement pour des artistes régionaux hors normes tels que Dirty Deep ou Thomas Schoeffler JR. Souvent victime de son succès, le Mudd était typiquement le genre d’endroit où, en fonction de la programmation, il était impossible de rentrer. Cependant, impossible de pousser les murs et malgré des travaux au fil du temps, difficile de respecter les normes de plus en plus drastiques pour ce type de lieu. Difficile aussi de financer l’aventure, malgré un travail de programmation exemplaire proposant quasiment 30 évènements par mois. La date de fermeture définitive sera dévoilée le 5 novembre, le temps d’aller saluer l’équipe et profiter une dernière fois de sa caverne teintée de néons rouges.

L’année dernière, j’avais réalisé un portrait de Phil, un des gérants du Mudd Club, pour Pokaa. A l’époque, les difficultés était déjà présentes, tout comme l’envie de vivre d’autres aventures, notament avec sa structure de booking “Mr P. Booking & Events”

La relève avec l’Elastic et le Local

Il reste, malgré ces histoires de fermetures, des optimistes à Strasbourg. L’Elastic Bar, dans le quartier de la Krutenau, a littéralement ressuscité entre les mains de Fabien, gérant des lieux depuis maintenant un peu plus d’une année. Comme le Mudd Club, l’Elastic essaye de proposer des évènements chaque soir et presque chaque nuit. On y retrouve un programme varié, allant du metal au rock en passant l’electro et le reggae. A quelques pas de là, on retrouve le Local, fondé il y a quelques années et qui vient de se doter d’un nouveau caveau pour accueillir des concerts de plus grandes ampleurs, preuve que mine de rien, il y a une demande dans ce domaine. Le Local s’est spécialisé dans les concerts blues-rock et pourrait également récupérer le public fan de jazz qui fréquentait auparavant la Popartiserie. On pourrait croire en lisant ces lignes que la Krutenau est le nouvel Eldorado pour la scène musicale Strasbourgeoise mais ce serait oublier les difficultés que peuvent ou pourront rencontrer ces lieux à l’avenir. On peut revenir par exemple sur le cas du Soul Town, lui aussi encré à la Krutenau mais qui n’aura pas résisté longtemps face aux difficultés. C’est bien dommage d’ailleurs, parce que le lieu semblait plein de bonne volonté et la scène ronde, situé en plein milieu des clients attablés donnait réellement un côté original à l’ensemble. Il n’aura fallu que quelques semaines pour que les voisins se plaignent de bruit et que les concerts soient suspendus définitivement malgré des niveaux sonores plutôt correct et des horaires l’étant tout autant.

J’avais également rencontré Fabien, toujours dans le cadre d’un reportage pour Pokaa. Le gérant de l’Elastic Bar, bien qu’un peu crispé sur la photo était très optimiste sur l’avenir du lieu et sur l’importance des scènes alternatives. Depuis, l’Elastic n’a eu de cesse de s’imposer comme un nouveau lieu de référence pour la scène Strasbourgeoise.

Il existe à Strasbourg un panel de groupes et d’artistes talentueux, mais avant de monter sur les grandes scènes ou de partir en tournée, ces bars-concerts sont le passage obligé pour chaque musicien. Ils sont l’endroit où on peut tester ses premiers morceaux, conquérir un premier public, créer ses premières expériences. Ils sont tout bonnement indispensable dans l’évolution du musicien vers un statut profesionnel ou vers un minimum de reconnaissance. Si il existe bien entendu d’autres lieux de concerts, les salles comme la Laiterie, le Molodoï, voir même le Camionneur. Il est important de noter l’importance de ces “petits” bars concerts. C’est dans ces lieux qu’on peut profiter d’une réelle proximité, une réelle complicité avec le public et rencontrer du monde pour soutenir son projet. C’est dans ces petits lieux que naissent les grands artistes.

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